écrit

   

Souvent qualifié de peintre (trop?) littéraire - raison de plus pour prendre la plume sinon la mouche - j'ai donc collaboré, de 1993 à 1999, à plusieurs revues : Reactors, Papl'art, Art Jonction Le Journal, Pan...
En 2006, une sélection de ces textes a été publiée aux éditions de l'Ormaie sous le titre de "Entre quat' z' yeux".
(note de couverture par Frédérik Brandi)
(extrait : texte sur saint Thomas)
(?!)

A compte d'auteur j'ai fondé, au printemps 2004, les "Editions du mauvais oeil". Elles ont pour vocation de diffuser à un nombre restreint d'exemplaires numérotés de courts textes, poèmes, manifestes ou autres port-folio, de l'artiste ou de ses proches. le planning éditorial évolue au gré des rencontres, des impératifs de l'actualité et de l'état de la trésorerie, dans la plus absolue subjectivité.
La collection "Ceux que vous ne verrez pas" est entièrement consacrée à la présentation par le texte et/ou l'image d'expositions annulées, de projets avortés, de performances impossibles, de choses qui restent à faire...

quelques dates

2006
~ Entre quat' z' yeux
, recueil de textes critiques de Marcel Bataillard, éditions de l'Ormaie.
2004
~ Création des Editions du Mauvais OEil
~
parution de Remise à Niveau de Frédérik Brandi.
1995
~ C'est celui qui dit qui est (CCQDQE)
,
tirage numéroté, 82 aphorismes de Marcel Bataillard, 13 gravures de RévolH.

(?!)
quelques bribes

Ecoutez voir...
in catalogue de l'exposition
"Don Luis, je ne vois plus rien" - 1998

Dans le chant polyphonique, il n'est pas rare qu'un ou plusieurs chanteurs, pour mieux s'entendre, pour mieux entendre les autres ensuite, pour mieux s'entendre avec les autres enfin, porte une main à l'oreille, la bouchant ainsi.
Dans la corrida, il est de coutume que le cheval du picador(1) porte sur ses yeux un foulard, qui lui sert d'oeillères, qui lui permet de conserver son sang-froid et de remplir consciencieusement son office.
Et l'on s'étonnerait, après ça, que je peigne les yeux fermés ?

(1) Le châtiment de la pique révèle la bravoure du toro dont le cheval, monté par le picador, subit les assauts.



Pour bien réussir
une salade niçoise à la mode corse..
.
texte de présentation de l'exposition
"salade niçoise et chocolats suisses" - 2001

Artiste contemporain français, si je veux me conformer à mon rang et à ma condition, je me dois de faire référence dans mon oeuvre et ses commentaires à deux guides spirituels majeurs incontournables et peut-être, ainsi, entrer à leurs côtés au panthéon des artistes d'avant-garde, et conquérir par la même mon immortalité.
Je m'exécute donc : Marcel Duchamp disait que ce sont les regardeurs qui font les tableaux, ce à quoi Guy Debord rétorquait que les images existantes ne prouvent que les mensonges existant.
Etant par ailleurs d'accord avec Albert Camus pour imaginer Sisyphe heureux et fier de mes origines corses, dont je ne saurais ignorer le drapeau(1), je conclue naturellement de tout ce qui précède que :

le bon peintre est le peintre aveugle.

(1) La Corse a pour drapeau une tête de maure. A l'origine (fin du XIIIème siècle), elle figurait sur les étendards du roi d'Aragon et représentait un roi sarrasin vaincu lors des croisades. La tête de maure avait alors les yeux bandés (le bandeau servait à se protéger du soleil). lorsqu'il érigea "a bandera a testa mora" en emblème officiel de la république corse en 1762, Pasquale Paoli prit soin de relever le bandeau sur le front. Certains y voient un symbole de la fin de l'esclavage et de la libération de la patrie ; d'autres lorgnent vers une source héllénistique : le bandeau sur le front est un emblème royal, un signe de victoire ; on évoque aussi une piste franc-maçonne ou alchimique.