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A propos de l'exposition
"Icare & Sisyphe" - La Marge, Ajaccio,
du 29 juillet au 16 août 2003.
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Quelque part entre Corse et continent, été 2003.
Toute cette exposition n'est au fond qu'une histoire d'aller-retour...
Plusieurs histoires qui se croisent en fait.
En premier lieu celle de Sisyphe qui, trompant les Dieux, se rend immortel, bien heureux ensuite d'accepter un châtiment sans fin rouler sa bosse. Une vie, fut-elle éternelle, est faite d'ascencions et de chutes... Ensuite il y a Icare qui, essayant de s'en sortir, est trahi par le soleil. Mais au moins, avant de tomber bien bas, a-t-il livré Bataille (sic*), est-il monté bien haut. Effectuant depuis toujours d'incessants allers-retours entre l'île et le continent, c'est-à-dire baignant dans la Méditerranée et m'abreuvant de ses mythes, j'en suis venu naturellement à aller à l'encontre de l'ordre établi, à m'élever contre un destin injuste. Comme un Maure - un mort ? - qui ne se sentant pas libre aurait rabaissé son bandeau sur les yeux, je dessine à l'aveugle - sans les secours de la vue, sans remords ni regrets - les traces qu'ont laissé les récits d'hommes qui ne voulaient ni dieux ni maîtres.
In fine, j'essaye de (re ?)faire l'histoire...
Marcel Bataillard
* cf "Soleil pourri" de Georges Bataille, repris dans le catalogue
"Picasso - Sous le soleil de Mithra", Fondation Pierre Gianadda.
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