Manipulations > jusqu'au 2 juillet, Cedac de Cimiez, Nice.
Accrochage proposé dans le cadre de Nu-zik, festival des arts numériques >[programme]
L'époque est paraît-il à la manipulation. Des images, des gènes, des foules.
Nous sommes à l'ère du numérique, de la génétique et, dans le même temps, confrontés à l'omniprésence d'une production en série standardisée et globalisante.
De ce contexte, et dans la continuité du travail à l'aveugle que je développe depuis 1994 (dessinant les yeux fermés des figures archétypales au tracé à la lisière de la lisibilité), est née en 2002 la suite d'autoportraits portant le titre générique de Manipulations.
Il s'agit de dessins numériques à l'aveugle, c'est-à-dire réalisés sans le secours de la vue et sans retouche, à la tablette graphique. Via l'application de différentes préférences* du logiciel, l'autoportait originel donne naissance à un grand nombre de variantes**, clones/faux frères/faux jumeaux aux formes très diverses, mais affichant parfois un air de famille. Le rendu de chacun d'eux oscille entre simulation du dessin à la plume, au feutre ou au pinceau et motifs plus abstraits où la ligne initiale disparaît et la figure n'est plus identifiable. Ces différents autoportraits sont ensuite rassemblés par série et édités en épreuves numériques, dont le format et le support peuvent varier*** selon le contexte de l'exposition. Au gré des circonstances, chaque Manipulation peut donc être amenée à être recomposée, à l'instar des familles modernes...
Il ne s'agit en aucun cas, dans cet exercice de style, de singer le mode de fonctionnement traditionnel de la peinture grâce à des technologies numériques, mais plutôt d'exploiter leurs spécificités et qualités propres. Et ainsi de détourner les facilités qu'elles offrent à ceux qui produisent en grande quantité, et dans un souci d'efficacité, des publicités qui font la promotion de produits de consommation de masse. Cette souplesse d'utilisation et cette rapidité d'exécution informatiques sont ici mises au service de la création aléatoire d'une série d'images de moi pour lesquelles la notion "d'original" devient caduque.
Les Manipulations sont donc tout à la fois une autocélébration (multiplication des autoportraits) et une autodestruction (dissolution et perte d'identité, manque de ressemblance et d'unité), une composition (au sens pictural du terme) et une décomposition, un exercice artistique et une expérimentation technologique. Au final, une manipulation de l'image, de mon image autant que des images. C'est-à-dire une réflexion - le miroir n'est pas loin - sur l'identité.
Marcel Bataillard
Nice, juin 2005
* ces préférences sont bien celles du logiciel car, quant à moi qui génère des familles entières d'autoportraits, je ne saurai évidemment avoir de "préférence" pour l'un ou l'autre.
** entre 25 et 85 selon les séries.
*** imprimées selon le même procédé que les affiches publicitaires des abribus ou les calicots promotionnels, sur papier photo ou toile de coton, on peut déceler sur ces sorties, comme une tache de naissance ou une marque de fabrique, la trace du pixel.
|
eblouissement > jusqu'au 17 juillet, Parc Phoenix, Nice.
Installation proposée dans le cadre de l'exposition collective Element-Terre.
Eblouissement, l'installation présentée au Parc Phoenix est réflexion sur la promenade, la visite, la découverte; l'attente et la surprise; le naturel et l'artificiel; le regard et le reflet; à la fois enracinée et satellitaire, poétique et prosaïque, d'une obscure clarté. De manière plus terre-à-terre, on peut également la décrire comme un blanc bouquet de cannes au coeur duquel des miroirs fichés en terre reflètent tantôt le paysage, le visiteur, tantôt le soleil, créant passagèrement un éblouissement interdisant la lecture de l'oeuvre selon la position du regardeur et l'heure de la journée. |
| |