Le peintre aveugle

En 1993, paraphrasant Camus, Marcel Bataillard affirme « qu’il n’y a qu’un seul problème artistique vraiment sérieux : c’est l’immortalité. Voilà la vérité. Et la vérité crève les yeux… Le bon peintre est le peintre aveugle. » Dès lors et jusqu’à fin 2012, autoproclamé peintre aveugle, il développe une pratique artistique centrée sur une cécité simulée, dessinant et peignant les yeux fermés et donnant naissance à des œuvres où aléatoire, absurde, jeu, virtuosité et expérimentation ont toute leur place. Assez vite, autour de la figure de Sisyphe et de thèmes liés à la vision et la voyance (de Narcisse à Méduse, d’Éros à Thanatos, en passant par saint Thomas ou la tête de Maure), le corpus des dessins et peintures à l’aveugle s’enrichit d’objets, photographies, installations et performances.
Il collabore notamment avec la Compagnie Pietragalla en 2011 et 2012 pour La nuit des poètes , un spectacle alliant poésie, musique, chorégraphie et jeux calligraphiques live d’après les textes d’Aragon. En janvier 2013, à la demande de l’Hôtel Windsor de Nice, connu pour ses chambres d’artistes, Marcel Bataillard conçoit un parcours d’aphorismes destiné aux non-voyants et aux hyper-voyants, et qui se découvre au gré des déambulations des visiteurs. Intitulé Point de vue , il est constitué d’une douzaine d’aphorismes présentés conjointement en Braille et sous forme typographique et met un point final à la période à l’aveugle.

Dessins et peintures à l’aveugle
Photographies
Performances
[1993-2012]